Composition

(exprimée par : Comprimé)
PRINCIPES ACTIFSQUANTITE
Amiodarone chlorhydrate200.0 mg
Excipient à effet notoire : lactose monohydraté.
EXCIPIENTS
Amidon de maïs
Lactose monohydraté
Povidone (E1201) K90
Magnésium stéarate (E572)
Silice colloïdale anhydre
Amidon prégélatinisé

Indications thérapeutiques

Prévention des récidives des :

·         tachycardies ventriculaires menaçant le pronostic vital : le traitement doit être instauré en milieu hospitalier sous monitorage ;

·         tachycardies ventriculaires documentées symptomatiques et invalidantes ;

·         tachycardies supraventriculaires documentées lorsque la nécessité d'un traitement est établie en cas de résistance ou de contre-indication aux autres thérapeutiques ;

·         fibrillations ventriculaires.

Traitement des tachycardies supraventriculaires : ralentissement ou réduction de la fibrillation auriculaire ou du flutter auriculaire.

L'amiodarone peut être utilisée en présence d'une maladie coronarienne et/ou d'une altération de la fonction ventriculaire gauche (vor rubrique Propriétés pharmacodynamiques)

  • Tachycardie ventriculaire
  • Tachycardie supraventriculaire
  • Fibrillation ventriculaire
  • Fibrillation auriculaire
  • Flutter auriculaire

Contre-indications

Hypersensibilité à la substance active ou à l'un des excipients mentionnés à la rubrique Composition.

Ce médicament est contre-indiqué dans les situations suivantes :

·         bradycardie sinusale et blocs sino-auriculaires non appareillés ;

·         maladie du sinus non appareillée (risque d'arrêt sinusal) ;

·         troubles conductifs auriculo-ventriculaires de haut degré non appareillés ;

·         hyperthyroïdie en raison de sa possible aggravation par l'amiodarone ;

·         hypersensibilité à la substance active ou à l'un des excipients mentionnés à la rubrique Composition ;

·         hypersensibilité connue à l'iode ;

·         les 2ème et 3ème trimestres de la grossesse ;

·         allaitement ;

·         en association avec les médicaments pouvant induire des torsades de pointes :

o   les antiarythmiques de classe Ia (quinidine, hydroquinidine, disopyramide...),

o   les antiarythmiques de classe III (sotalol, dofétilide, ibutilide...),

o   autres médicaments tels que: arsénieux, bépridil, cisapride, diphémanil, dolasétron IV, érythromycine IV, mizolastine, vincamine IV, moxifloxacine, spiramycine IV, torémifène
(voir rubrique Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions).

  • Hypersensibilité iode
  • Hypersensibilité amiodarone
  • Bradycardie sinusale non appareillée
  • Bloc sino-auriculaire non appareillé
  • Maladie du sinus non appareillée
  • Troubles conductifs de haut degré non appareillés
  • Hyperthyroïdie
  • Grossesse à partir du 2ème trimestre
  • Allaitement
  • Intolérance au galactose
  • Syndrome de malabsorption du glucose
  • Syndrome de malabsorption du galactose
  • Déficit en lactase

Effets indésirables

Les effets indésirables ont été classés par système-organe et par fréquence selon les conventions suivantes :

Très fréquemment (≥10 %); fréquemment (≥1 %, <10 %); peu fréquemment (≥0,1 %, <1 %); rarement (≥0,01 %, <0,1 %); très rarement (<0,01 %).

Affections oculaires

Très fréquemment

Micro-dépôts cornéens, quasiment constants chez l'adulte, restant habituellement localisés à l'aire sous-pupillaire et ne contre-indiquant pas la poursuite du traitement. Exceptionnellement, ils peuvent s'accompagner de perception de halos colorés en lumière éblouissante, ou de sensation de brouillard.

Constitués de dépôts lipidiques complexes, les micro-dépôts cornéens sont toujours entièrement réversibles à l'arrêt du traitement.

Très rarement

Neuropathies optiques (névrite optique) avec flou visuel et baisse de la vision et oedème papillaire au fond d'oeil. L'évolution peut se faire vers une réduction plus ou moins sévère de l'acuité visuelle. La relation avec l'amiodarone n'apparaît pas actuellement établie. Il est cependant recommandé, en l'absence d'autre étiologie manifeste, de suspendre le traitement.

Affections de la peau et du tissu sous-cutané

Très fréquemment

Photosensibilisation. Il est conseillé de ne pas s'exposer au soleil (et, de façon générale, aux rayons ultraviolets) en cours de traitement.

Fréquemment

Pigmentations cutanées, liliacées ou gris ardoisé, survenant pour des posologies quotidiennes élevées, prescrites pendant une longue période; après arrêt du traitement, la disparition de ces pigmentations est lente (10 à 24 mois).

Eczéma.

Très rarement

Erythème au cours de radiothérapies,

Rashs cutanés, généralement peu spécifiques,

Dermatite exfoliatrice, sans que la relation avec le produit paraisse nettement établie,

Alopécie.

Fréquence indéterminée

Réactions cutanées sévères telles que le syndrome de Lyell (nécrolyse épidermique toxique)/syndrome de Stevens-Johnson, dermatite bulleuse, syndrome de DRESS (syndrome d'hypersensibilité médicamenteuse).

Affections endocriniennes

o   Manifestations thyroïdiennes

Très fréquemment

En dehors de tout signe clinique de dysthyroïdie, une hormonémie thyroïdienne "dissociée" (augmentation de T4, T3 normale ou légèrement abaissée) ne justifie pas l'arrêt du traitement.

Fréquemment

Les hypothyroïdies revêtent une forme classique: prise de poids, frilosité, apathie, somnolence; l'élévation franche de la TSH signe le diagnostic. L'arrêt de l'administration entraîne le retour progressif à l'euthyroïdie dans un délai de 1 à 3 mois; cet arrêt n'est pas impératif: si l'indication le justifie, l'amiodarone peut être poursuivie en associant une opothérapie substitutive à base de L-thyroxine, la TSH constituant un guide posologique.

Les hyperthyroïdies sont plus trompeuses: pauci-symptomatiques (léger amaigrissement inexpliqué, atténuation de l'efficacité anti-angoreuse et/ou anti-arythmique) ; formes psychiatriques du sujet âgé, voire thyréotoxicose.

L'effondrement de la TSH ultra-sensible permet d'affirmer le diagnostic.

L'arrêt de l'amiodarone est impératif: il suffit habituellement à amorcer, dans un délai de 3-4 semaines, la guérison clinique. Les cas graves pouvant entraîner le décès du patient, nécessitent une mise en route en urgence d'un traitement adapté. Lorsque la thyréotoxicose est préoccupante, en elle-même ou du fait de son retentissement sur un équilibre myocardique précaire, l'efficacité inconstante des antithyroïdiens de synthèse conduit à préconiser une corticothérapie franche (1 mg/ kg) et suffisamment prolongée (3 mois).

Des cas d'hyperthyroïdies ont été rapportés jusqu'à plusieurs mois après l'arrêt de l'amiodarone.

o   Autres affections endocriniennes

Très rares cas de SIADH (sécrétion inappropriée d'hormone antidiurétique) particulièrement en cas d'association avec des médicaments potentiellement inducteur d'hyponatrémie. Cf. également la rubrique "anomalie biologique".

Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales

Fréquemment

Des cas de pneumopathie interstitielle ou alvéolaire diffuse et de bronchiolite oblitérante organisée (BOOP), parfois d'évolution fatale, ont été rapportés.

L'apparition d'une dyspnée d'effort ou d'une toux sèche, isolée ou associée à une altération de l'état général (fatigue, amaigrissement, fébricule) impose un contrôle radiologique et, le cas échéant, l'arrêt du traitement. Ces pneumopathies peuvent en effet évoluer en fibrose pulmonaire.

L'arrêt précoce de l'amiodarone, associé ou non à une corticothérapie, entraîne la régression des troubles. Les signes cliniques disparaissent habituellement en 3 ou 4 semaines, l'amélioration radiologique et fonctionnelle est plus lente (plusieurs mois).

Quelques cas de pleurésie, en règle générale associés aux pneumopathies interstitielles ont été rapportés.

Très rarement

Bronchospasme plus particulièrement chez les patients asthmatiques.

Syndromes de détresse respiratoire aiguë, d'évolution parfois fatale, parfois immédiatement au décours d'un acte chirurgical (une possible interaction avec de fortes doses d'oxygène a été évoquée) (voir rubrique Mises en garde et précautions d'emploi).

Fréquence indéterminée (ne peut être estimée sur la base des données disponibles)

Des cas d'hémorragie pulmonaire se manifestant parfois par des hémoptysies ont été rapportés. Ces manifestations pulmonaires apparaissent souvent associées à une pneumopathie à l'amiodarone.

Affections du système nerveux

Fréquemment

Tremblements ou autres symptômes extra-pyramidaux,

Troubles du sommeil dont cauchemars,

Neuropathies périphériques sensitives, motrices ou mixtes,

Peu fréquemment

Myopathies.

Les neuropathies périphériques sensitives, motrices ou mixtes et myopathies peuvent survenir seulement après quelques mois de traitement mais parfois après plusieurs années de traitement. Elles sont généralement réversibles à l'arrêt du traitement. Cependant, cette récupération peut être incomplète, très lente et ne se manifester que plusieurs mois après l'arrêt du traitement.

Très rarement

Ataxie cérébelleuse,

Hypertension intracrânienne bénigne, céphalées. L'apparition de céphalées isolées, impose la recherche d'une pathologie sous-jacente.

Fréquence indéterminée

Parkinsonisme, parosmie.

Affections psychiatriques

Fréquence indéterminée

Délire (y compris confusion).

Affections hépatobiliaires

Des cas d'atteintes hépatiques ont été rapportés ; ces cas ont été diagnostiqués par l'élévation des transaminases sériques. En effet, ont été rapportés :

Très fréquemment

Elévation des transaminases, isolée et généralement modérée (1,5 fois à 3 fois la normale) régressant après réduction posologique, voire spontanément.

Fréquemment

Atteinte hépatique aiguë avec hypertransaminasémie et/ou ictère, d'évolution parfois fatale, nécessitant l'arrêt du traitement.

Très rarement

Atteinte hépatique chronique lors des traitements prolongés. L'histologie est celle d'une hépatite pseudo-alcoolique. La discrétion du tableau clinique et biologique (hépatomégalie inconstante, hypertransaminasémie entre 1,5 et 5 fois la normale) justifie la surveillance régulière de la fonction hépatique. Une hypertransaminasémie, même modérée, survenant après un traitement de plus de 6 mois doit faire évoquer le diagnostic d'atteinte hépatique chronique. Les troubles cliniques et biologiques régressent habituellement après arrêt du traitement. Quelques cas d'évolution irréversible ont été rapportés.

Affections cardiaques

Fréquemment

Bradycardie généralement modérée, dose-dépendante.

Peu fréquemment

Troubles de la conduction (blocs sino-auriculaires, blocs auriculo-ventriculaires de différents degrés).

Très rarement

Bradycardie marquée, plus exceptionnellement arrêt sinusal, rapportés dans certains cas (dysfonctionnement sinusal, sujets âgés).

Affections gastro-intestinales

Très fréquemment

Troubles digestifs bénins (nausées, vomissements, dysgueusie) habituellement contemporains du traitement d'attaque et disparaissant avec la réduction de posologie.

Fréquemment

Constipation.

Peu fréquemment

Bouche sèche.

Fréquence indéterminée

Pancréatite (aiguë).

Troubles du métabolisme et de la nutrition

Fréquence indéterminée

Perte d'appétit.

Affections des organes de reproduction et du sein

Très rarement

Epididymite. La relation avec le produit n'apparaît pas établie.

Affections vasculaires

Très rarement

Vascularite.

Investigations

Rarement

Rares hyponatrémies pouvant faire évoquer un SIADH.

Très rarement

Atteinte rénale avec élévation modérée de la créatinine.

Affections hématologiques et du système lymphatique

Très rarement

Thrombopénie.

Affections du système immunitaire

Fréquence indéterminée (ne peut être estimée sur la base des données disponibles)

Des cas d'angio-oedème ont été rapportés.

Réactions anaphylactiques, choc anaphylactique.

Déclaration des effets indésirables suspectés

La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et réseau des Centres Régionaux de Pharmacovigilance - Site internet : www.ansm.sante.fr.

  • Dépôt cornéen
  • Perception de halos colorés en lumière éblouissante
  • Sensation de brouillard
  • Névrite optique
  • Flou visuel
  • Baisse de la vision
  • Oedème papillaire
  • Photosensibilisation
  • Pigmentations cutanées liliacées
  • Pigmentations cutanées gris ardoisées
  • Eczéma
  • Erythème au cours de radiothérapie
  • Rash cutané
  • Dermatite exfoliatrice
  • Alopécie
  • Réaction cutanée sévère
  • Syndrome de Lyell
  • Syndrome de Stevens-Johnson
  • Dermatite bulleuse
  • Syndrome DRESS
  • Augmentation de T4
  • T3 abaissée
  • Hypothyroïdie
  • Prise de poids
  • Frilosité
  • Apathie
  • Somnolence
  • Elévation de la TSH
  • Hyperthyroïdie
  • Amaigrissement
  • Thyréotoxicose
  • SIADH
  • Pneumopathie interstitielle diffuse
  • Pneumopathie alvéolaire diffuse
  • Bronchiolite oblitérante organisée
  • Dyspnée d'effort
  • Toux sèche
  • Altération de l'état général
  • Fatigue
  • Fébricule
  • Fibrose pulmonaire
  • Pleurésie
  • Bronchospasme
  • Syndrome de détresse respiratoire aiguë
  • Hémorragie pulmonaire
  • Hémoptysie
  • Tremblement
  • Symptômes extrapyramidaux
  • Trouble du sommeil
  • Cauchemars
  • Neuropathie périphérique sensitivomotrice
  • Myopathie
  • Ataxie de type cérébelleux
  • Hypertension intracrânienne bénigne
  • Céphalée
  • Parkinsonisme
  • Parosmie
  • Délire
  • Confusion
  • Atteinte hépatique
  • Elévation des transaminases
  • Hépatopathie aiguë
  • Ictère
  • Hépatopathie chronique
  • Hépatomégalie
  • Bradycardie
  • Trouble de la conduction
  • Bloc sino-auriculaire
  • Bloc auriculoventriculaire
  • Arrêt sinusal
  • Troubles digestifs
  • Nausée
  • Vomissement
  • Dysgueusie
  • Constipation
  • Bouche sèche
  • Pancréatite aiguë
  • Perte d'appétit
  • Epididymite
  • Vascularite
  • Hyponatrémie
  • Atteinte rénale
  • Elévation de la créatinine
  • Thrombopénie
  • Angioedème
  • Réaction anaphylactique
  • Choc anaphylactique

Fertilité, grossesse et allaitement

Grossesse

Les études chez l'animal n'ont pas mis en évidence d'effet tératogène. En l'absence d'effet tératogène chez l'animal, un effet malformatif dans l'espèce humaine n'est pas attendu. En effet, à ce jour, les substances responsables de malformations dans l'espèce humaine se sont révélées tératogènes chez l'animal au cours d'études bien conduites sur deux espèces.

En clinique, il n'existe pas actuellement de données suffisamment pertinentes pour évaluer un éventuel effet malformatif de l'amiodarone lorsqu'elle est administrée au premier trimestre de la grossesse.

La thyroïde foetale commençant à fixer l'iode à partir de 14 semaines d'aménorrhée, aucun retentissement sur la thyroïde foetale n'est attendu en cas d'administrations préalables.

Une surcharge iodée avec l'utilisation de ce produit passé ce terme, peut entraîner une hypothyroïdie foetale, biologique ou même clinique (goître).

En conséquence, l'utilisation de ce médicament est contre-indiquée à partir du 2ème trimestre.

Allaitement

L'amiodarone et son métabolite, ainsi que l'iode, passent dans le lait à des concentrations supérieures au plasma maternel. En raison du risque d'hypothyroïdie chez le nourrisson, l'allaitement est contre-indiqué en cas de traitement par ce médicament.

Posologie et mode d'administration

Posologie

Traitement d'attaque

Le schéma posologique habituel est de 3 comprimés par jour, pendant 8 à 10 jours.

Dans certains cas le traitement d'attaque a pu faire appel à des posologies supérieures (4 à 5 comprimés par jour), toujours sur des périodes brèves et sous surveillance électrocardiographique.

Traitement d'entretien

Rechercher la dose minimale efficace, variable selon les patients, de ½ comprimé par jour (1 comprimé tous les deux jours) à 2 comprimés tous les jours.

Population pédiatrique

L'innocuité et l'efficacité de l'amiodarone chez les enfants n'ont pas été établies. Les données actuellement disponibles sont décrites dans les rubriques Propriétés pharmacodynamiques et Propriétés pharmacocinétiques.

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